- Tome 1 - Le peuple universel - La légende du Busch Laï (paru) :
Julien suit un parcours initiatique qui l'amène 2000 ans dans le futur. Au cours de ce parcours, il reçoit d'étranges pouvoirs pour mener à bien sa mission : sauver la Terre d'un conflit nucléaire majeur en 2050, suivi d'un fléau écologique et bactériologique, l'ensemble devant décimer la population terrestre... A l'aide de son groupe 'Les Survivants' Julien s'attaque à ce problème...

Si vous êtes intéressé(e)s, voici quelques extraits du prologue du Peuple Universel
Le spectacle est magnifique, calme, reposant. Au pied d'une haute montagne (5000 mètres environ) aux sommets enneigés s'étendent, descendant en pente douce des vallons jusqu'à une plaine où s'étale un lac. Les eaux sont d'un bleu profond avec quelques reflets orangés. Ces reflets sont dus au ciel. Il est bleu, mais le soleil paraît plus lointain que d'habitude. Ce bleu se teinte de lueurs orangées et ce sont elles qui se reflètent dans le lac. Les nuages sont rares en ce jour, mais eux aussi ont une teinte allant du blanc à un gris orangé. Des forêts magnifiques s'élèvent sur les flancs de la montagne. Mélèzes, sapins, cèdres, pins. Tous magnifiques et de belle taille. Des feuillus sont imbriqués parmi eux : hêtres, chênes, peupliers, bouleaux, châtaigniers. La végétation semble avoir été guidée par la main d'un jardinier. Au milieu des forêts, au milieu des cultures, soudain se trouvent des notes fleuries avec des arbustes couverts de fleurs de toutes les couleurs, de toutes les formes, de toutes les tailles . Ces massifs sont adroitement disposés si bien que la nature paraît être un immense jardin et il paraît tout naturel d'y trouver des habitations. Chaque fois ces maisons sont accordées au paysage et s'harmonisent avec lui. Il ne s'agit pas de villes mais d'îlots de quelques maisons, éparses, un peu volontiers dans le désordre, sans ligne structurée. Comme si ces maisons faisaient parties de la décoration de cet immense jardin ! Dans la plaine des champs de culture, très variées, des vergers, des vignes. Et quelques troupeaux qui semblent aller librement dans différentes prairies à leur disposition. Les animaux sont variés, on retrouve surtout bœufs, moutons, chèvres, chevaux. Oui mais dans ce paysage idyllique une absence : pas de route, pas de chemin. Pas d'engins motorisés. Quelques allées de gazon ou de pierres sèches, mais pas de voies de communications. Dans le ciel pas d'avions. Enfin presque pas sauf peut-être une seconde lune très réfléchissante, assez petite, paraissant métallique. Dans ce paysage les habitants sont joyeux, heureux de vivre sur une planète non polluée, remplie de jardins et de fleurs. Tous sont calmes. Pas de précipitation. Des groupes se forment, se modifient, la première surprise apparaît : là où se tenait une personne l'air brasille et puis un peu plus loin elle réapparaît. Et là-bas dans le champ un homme et une femme surveillent la moisson, mais pas de moissonneuse: pourtant le blé est coupé, les bottes de paille apparaissent et les grains sont remisés dans des sacs. Par contre l'homme et la femme fixent attentivement le champ. On remarque le plus étrange : la beauté, le calme, ce pouvoir spécial pour se déplacer ou effectuer les taches ne sont rien à côté. Ces êtres sont les plus divers. Toutes les races de l'univers paraissent regroupées ici : la race terrienne domine, sous tous ses aspects et sous toutes ses couleurs ; une race magnifique terramorphe dont la couleur est le bleu, un peuple nain, une race humanoïde glabre avec un crâne volumineux et surtout quatre membres, une race massive avec un crâne massif, un teint plutôt beige, des cheveux normaux, une race vaguement humanomorphe, avec un être massif dont le poids flirte avec la tonne, immense, enfin une race en forme d'œuf. Même, oui une créature immense que l'on pourrait croire sorti de la série ancienne " Allien ", tellement elle est différente des autres. Tous ces gens s'aiment, parlent travaillent, vivent ensemble, des couples se forment entre eux. Lorsque l'on regarde les anciens et les jeunes on voit que le travail d'intégration de la nature a commencé et que de toutes ces races il ne restera plus qu'une race unique dans quelques centaines d'années. À l'ombre d'un immense cèdre on remarque un groupe. Ce sont des vieillards, de toutes les races. Ils paraissent très âgés. Leurs cheveux d'un blanc immaculé sont longs, ils ont une barbe blanche imposante. Pourtant ils devisent tranquillement ensemble, on n'entend pas un mot mais pourtant tout semble signifier une conversation animée, ponctuée d'éclats de rires. Puis tous se taisent écoutant l'un des leurs, plus jeune, chanter, accompagné par un étrange instrument rappelant vaguement un synthétiseur, avec une infinité de sons en plus. Un peu plus loin de jeunes enfants chahutent en se baignant, soudain ils se dirigent vers les anciens. L'air brasille et les voilà arrivés. Une des femmes se lève. Voyant son air on comprend qu'elle les gronde gentiment d'arriver et de déranger tout le monde. Un des plus anciens pour la première fois parle : - Lyou, laisse tes petits enfants s'amuser... Rappelle-toi nous autres à leur âge. Autant ils maîtrisent parfaitement la télékinésie et la télépathie, autant ils n'arrivent pas à coordonner encore instinctivement leur arrivée avec un moment où ils ne dérangent pas l'autre... Même si eux ont maintenant ces pouvoirs dès leur naissance, tu sais le temps qu'il faut pour les maîtriser. L'un des gamins, Mathias Ben Aï s'écrit - Père Julien, tu nous as promis de nous raconter tes aventures, racontes, dis, racontes... Le vieillard à barbe blanche les regarde en souriant : - Comme si vous ne la connaissiez pas ! - Oui, mais par toi ce n'est pas pareil et vous êtes tous là, racontes, on appelle les copains. Comme par magie une foule de bambins dont le plus grand a au maximum douze ans se matérialise devant les vieillards dont l'un regarde Julien et plissant les yeux de sourire dit : - Allez Papa raconte, tu en meurs d'envie, tu le fais si bien. - Bon, je vous cède, puisque vous êtes tous ligués contre moi, mais je vous préviens, je fais le narrateur et tous vous allez y participer, même toi Whou Laï. Julien commence : - Il y a bien longtemps dans l'univers, si longtemps que la mémoire l'a oublié une race a occupé l'univers. Cette race a vécu des millénaires. Elle s'est développée, a grandi. Elle a crû être seule, mais elle ne l'était pas. Elle a cru dominer l'univers, elle a cru être Dieu, mais elle ne l'était pas. Elle a cru être le créateur de l'univers et des races mais elle ne l'était pas. Et puis l'histoire s'est refermée sur elle. Une légende est née. Elle est née ou bien ce fut l'héritage de cette race. La légende fut celle du Bush Laï, elle est arrivée sur moi à l'improviste il y a deux cent quarante ans un beau jour du mois d'août 2048.

Et le premier chapitre du Busch Laï : Julien soupira une fois de plus. La sensation de mal être qui l'étreignait depuis plusieurs mois continuait. Il ne sait pas pourquoi mais chaque jour est pareil, avec son lot d'angoisse et d'interrogation. Malgré son métier (il était médecin : Docteur Julien DATARD Médecine Générale, Quartier Prades Le Lez-Mégapole Montpellier grand sud) qui le passionnait, la vie lui semblait difficile à assumer chaque jour. Le but d'une existence : quel est-il ? Arriver à la conscience du Soi, évoluer chaque jour vers la Connaissance. Sa profession le lui apprenait bien mais il lui semble passer à côté de quelque chose d'essentiel. Pourtant dans la vie tout lui souriait, la réussite, une femme qui l'aimait, deux beaux enfants. Il s'abandonna dans son fauteuil. Au loin une musique techno-classique paraissait scander le temps qui passait. Lentement il ferma les yeux sombrant dans le sommeil. Julien pensait rêver, il flottait dans une nébuleuse bleutée. Ses problèmes paraissaient à la fois lointains et tout proches. Il se sentit attiré par une force aussi soudaine qu'invincible. La nébuleuse se condensait autour de lui. Non c'était un énorme entonnoir, un trou noir qui apparaissait et cette force qui continuait à l'attirer. Rien ne pouvait s'y opposer. Soudain il pensa : - Ce n'est qu'un rêve, un cauchemar. Je vais me réveiller. La force gagnait sur lui, l'entonnoir devenait tunnel, le tunnel l'aspirait, les parois frôlaient Julien qui poussa un grand cri. La conscience lui revint. Non il ne rêvait pas. Il tombait dans un gouffre. Tout paraissait réel, les parois, la vitesse mais surtout une Peur, une Terreur abjecte, l'impression d'être attiré vers le néant. Il pensa aux siens. Où étaient-ils ? Le temps s'écoulait de façon interminable. En fait du temps écoulé il en perdait la notion. Sa chute durait depuis trente secondes, dix minutes, une heure. Il ne saurait le dire, elle continuait sans s'arrêter, sans ralentir, sans accélérer, dans une impression d'inquiétante immobilité ponctuelle. Puis une lueur apparue au loin. Elle grandissait, d'abord lentement puis plus vite. La terreur s'estompa avec l'apparition de ce point blanc, faisant place à une immense curiosité. Jamais il n'avait rêvé ainsi, et lui qui jamais ne se droguait, ne buvait. Voici qu'il avait des hallucinations. Car pour Julien DATARD, médecin, seul le réel existe. L'imaginaire, les légendes? Tout peut et doit être expliqué. Une certitude s'imposa à lui: Il était malade. Cela avait été brutal. Une hémorragie cérébrale sans doute ? Et maintenant il était dans le coma. Voilà il avait compris ! Lui qui se demandait toujours ce que ressentaient les personnes qu'il voyait dans le coma. Enfin il comprenait ! La lueur se rapprochait. Elle arrivait sur lui maintenant à toute vitesse. La lumière se faisait éblouissante. Soudain Julien eu l'impression d'une chute brutale que rien n'arrêtait. Impossible songea-t-il, je suis dans le coma. Impossible que je fasse un mouvement ! Soudain il fit un roulé boulé sur le sol et se retrouva le nez dans le sable ! Choc douloureux, surtout qu'imprévu. Julien reste un moment à terre étourdit par la violence du contact. De ses mains il palpe le sol, sec, sableux. Une chaleur féroce lui brûle le dos. Un tourbillon de vent rabattit le sable sur lui. Lentement maudissant son inactivité sportive Julien s'assied, plissant les yeux. Un soleil brûlant le gêne. Il porte la main à sa figure et sent ses lunettes. Rapidement la luminosité s'atténue grâce aux photogray qui se foncent tout de suite au maximum. Julien se palpe. Il est entier, rien de cassé. Un peu secoué, il se remet debout. Un peu douloureux mais tout va bien. Il fait quelques pas. Le paysage tourne encore un peu puis tout se stabilise. Il regarde autour de lui. Devant lui à perte de vue un désert de sable. Il se retourne et voit quelques collines et au loin des arbres qui évoquent pour lui des palmiers. À première vue ce n'est pas très loin, en marche. Au moins il fera plus frais plus agréable que sous cette fournaise. Lui qui déteste le grand soleil et aime l'air frais des montagnes. Il est servi. Un petit tour de ses poches lui montre que peu de chose l'a accompagné dans son périple. Sa tenue oui, mais une chemise et un pantalon c'est peu. Dans son malheur il lui reste ses chaussures de marche Décathlon, reste de sa dernière sortie avec ses chiens. Cette pensée le ramène à la réalité. Comment expliquer que lui dans sa villa étendu tranquillement, dormant bien au frais se retrouve brutalement dans un désert, un vrai désert. Pas de trace de véhicule, pas de trace de pneus, pas d'avion dans le ciel. Le silence et le vent, le vent incessant. Où est-il ? Comment est-il venu là ? Où sont les siens ? Ces questions se bousculent dans sa tête. - Je vais devenir fou pense-t-il. La chaleur est infernale. Julien conclut que le plus sage reste de chercher un abri, de l'eau et de la nourriture. En fait, il n'a pour l'aider qu'un trousseau de clef, un couteau suisse cadeau de sa fille, un mouchoir. Bien peu pour affronter le désert. Il se met en marche. Les premiers mètres sont parcourus avec prudence, il contourne un énorme bloc de rocher et stupéfait reconnaît sa vielle Jeep ! Impossible ! Là il ne comprend plus. Lui dans un trou noir, la chute, le désert et là son véhicule. Il se retourne s'attendant presque à voir apparaître sa maison, les siens. Non il est seul avec paradoxalement son vieux véhicule acheté en 2035, le trousseau de clés est dans sa poche. Il s'approche du véhicule, enlève l'alarme en pensant que ce n'est pas dans le désert qu'on viendrait le voler, et son moral remonte d'un coup. Il voit toujours en place les provisions qu'il a achetées il y a quelques heures, sa trousse à outils, sa tente, quelques vêtements et de l'eau. Il s'installe aux commandes met le contact et fait le point. Le moteur à turbine tourne normalement, les différentes jauges montrent tous les pleins faits et un fonctionnement normal. La température est infernale 36° ! Un fait bizarre attire son attention sa montre bracelet et celle du tableau de bord sont arrêtées à 15 heures et la trotteuse n'avance pas. Il essaye le chronomètre et il voit les centièmes de secondes défiler lentement, lentement. Ainsi le temps est ralenti, pense-t-il ou ses montres sont détraquées et ne fonctionnent pas ici. Sa voiture marche, toutefois, il ne semble pas perturbé par la modification du temps. Soudain une idée lui traverse esprit, il prend son pouls et s'aperçoit que son cœur bat à 70, en fait le temps s'est ralenti et le fonctionnement du corps humain comme celui de la turbine de la voiture paraît normal. Pourquoi celui est-il normal ? Que va-t-il se passer si le temps redevient normal ? Un rayonnement influence-t-il les horloges ? Malgré la violence du vent, Julien laisse les vitres ouvertes car la climatisation et la ventilation de la voiture semblent avoir souffert. Regrettant les nouveaux véhicules tout terrain sur coussin d'air, Julien enclenche le sélecteur sur marche avant et accélère. Devant lui la plaine s'étend désertique, avec peut-être de la végétation au lointain. La boussole indique le Nord. Julien accélère, et à faible allure progresse vers cette zone verte. Le trajet est plus aisé que prévu. Il lui rappelle certains lits de torrents qu'il remontait avec sa Jeep, très secoué par contre par les nombreux cahots ! Il arrive à l'orée d'une végétation maigrichonne faite d'épineux et de quelques touffes d'herbes. Julien s'arrête, prends ses jumelles et inspecte les environs. Devant lui une ébauche de forêt s'étale, peu dense et irrégulière, paraissant s'épaissir dans le lointain. Pour y parvenir, une descente un peu acrobatique entre des rochers. Il en a vu d'autres, parfois plus périlleuses, au volant de sa Jeep. Le sélecteur sur 4 drive courte il descend la pente avec précaution. Le début, comme toujours est délicat puis l'habitude de la pente venant, il passe le second rapport, slalome entre les rochers et finalement termine sur le 3e rapport sans problème. Les premiers arbres sont devant lui. Ils ressemblent à des pins de son pays, qui auraient beaucoup souffert. Le tronc est chétif, les épines rares et jaunies. Quelques palmiers par contre se portent mieux et sont plus florissants. Cette forêt est assez grande et les arbres plus loin sont plus touffus. Ce qui paraît être un chemin assez large, d'au moins 5 mètres, la coupe en deux. Ce chemin est bizarre, il paraît régulier. Quelques touffes d'herbes rares et éparses, quelques trous qui semblent artificiels, comme construits dans le passé par la main de l'homme . Après un sol inégal dans les premiers mètres le sol devient plus lisse. Il existe une couche le recouvrant faite de sable, de terre et d'aiguilles de pins. Julien s'engage et prend rapidement une relative vitesse. Le soir tombe lentement, un crépuscule rougeâtre, un soleil paraissant se noyer dans la brume, un ciel strié de quelques rares nuages blancs. Julien s'arrête, coupe le moteur. Autour de lui la forêt paraît vivre au ralenti. Par rapport à ses nombreuses sorties peu de bruit d'animaux, ou bien c'est lui l'intrus qui les a chassés ? Il décide de s'accorder une pause, d'aller chercher du bois pour faire un feu et manger un morceau. La température est tombée, plus que 26°. Supportable pense-t-il. Le vent quant à lui s'arrête soudain à la tombée de la nuit. Ce n'est pas le bois mort qui manque et le feu crépite enfin. Le sol est dur et froid. Sûrement des rochers bien réguliers, pense Julien en terminant son sandwich et son thé, dus aux hasards de ses emplettes " dans une autre vie " pense-t-il. Par habitude il regarde sa montre : 16 heures ! La trotteuse n'avance pas, il se précipite sur la Jeep : 16 heures Il a parcouru 60 km en ne dépassant pas 40 km/h Une réalité s'impose à Julien : le temps ici et chez lui n'est pas le même, ici il s'écoule plus lentement. Il s'assied pour réfléchir. Il avait parcouru 60 km vers le nord. Le fait de rencontrer une forêt lui fait espérer des températures plus clémentes le jour, surtout que l'altimètre montre une altitude légèrement élevée vers 150 m du moins s'il marche lui aussi ! Sa situation lui paraît soudain précaire. Combien a-t-il d'autonomie ? 600-700 km, des provisions : en se rationnant5-6 jours et la faune et la flore sont pauvres ! Encore plus grave, il va falloir trouver de l'eau sinon. En fait, il est parti au hasard, espérant surtout fuir cette chaleur et ce vent atroce. Et puis la vraie question, celle qu'il évite de se poser : où suis-je ? Pourquoi mon transfert et celui du 4x4 durant ce " voyage " si on peut appeler cette attraction dans un trou noir un voyage ! Il ne voit pas d'autres mots pour le définir. Il a bien lu des livres qui l'ont amusé parlant de voyage dans un tunnel avec une lueur au bout. Comment s'appelait-il ce livre ? Il parlait de " régression dans une vie antérieure " De la foutaise oui ! En bon cartésien, il essaye de se rattacher à un support logique, quelque chose de solide. Il se dit : - Tout ce qui était sur moi a été transféré en même temps que moi. De fait Julien s'est retrouvé tout habillé, avec le contenu intégral de ses poches et même le journal de voiture qu'il lisait! Pourquoi la jeep ? Il avait sur lui les clefs, les papiers, la façade du poste et l'antenne de la CB. C'est ça : tous ces éléments ont entraîné avec moi la Jeep. Pour l'instant cette explication biscornue le rassure. Au moins dans ce monde différent un semblant de logique apparaît. Du moins Julien tente d'établir des règles de fonctionnement : Le temps différent, les modalités de transfert des objets. Etablir des règles soupire-t-il. Tout le monde se rassure ainsi, comme si la face du monde va être changée par nos règles. En fait nous combattons nos peurs. Il se lève d'un bond : suis-je bête voyons ce que capte radio et CB. Julien se précipite sur la radio, enlève la cassette et passe en revue toutes les gammes d'onde que possède le poste, rien. Des crépitements, rien, le silence. Essayons la CB. Fébrilement Julien remet l'antenne, puis passe les 40 canaux traditionnels. Rien toujours rien. Même pas les crépitements de parasites auquel il est habitué. Rien le silence, et pourtant les postes paraissent marcher ! Puis il essaye les supérieurs et les inférieurs rien, rien toujours rien et soudain un sifflement continu. Un: - Allô ! La station tu me copies part par réflexe. Julien répète, - Est-ce que quelqu'un me copie... Rien, rien, seul le sifflement répond. Un parasite de la planète, un problème électromagnétique ? Julien désespéré se laisse tomber contre une roue de la Jeep. Une bouffée de désespoir le saisit ; il pense à ses enfants, à sa femme à sa maison. Il ne va plus les revoir. Il est seul. Il est perdu. Epuisé il s'endort et tombe dans un profond sommeil. Il rêve, non, il est dans un lieu mystérieux sans profondeur sans dimension, des chiffres défilent devant lui puis s'arrêtent et il voit distinctement " 300 " et à côté " nord-ouest ". Puis plus rien. Julien dort. Son sommeil devient profond sans rêve. La nuit est noire quelques étoiles brillent. On ne voit pas de Lune. La nuit est très sombre. Le silence se fait pesant, Julien dort toujours, épuisé . . . .